Oprah and Kyenge

in English, French
When Oprah Winfrey denounced her racist incident in Switzerland recently, I better understood the situation of a certain Italian government minister — Sra. Cecile Kyenge, an Italian citizen originally from the Congo.

Minister Kyenge was appointed to the Italian government a few months ago: she is a woman, she is black and she used to be a clandestine immigrant. Once in power, Kyenge immediately stated publicly the obvious troubles that pester the real lives of Italian immigrants.

All us immigrants, we who live pretty much anywhere where we weren’t expected, we all share similar issues: we’re invisible to local legal and financial systems, we could use help in integration, and it would be proper to have local citizenship for the children born on foreign soil.

When these things were stated in Italy, all hell broke loose immediately in parliament, government and the streets, especially among the xenophobic right wing. Kyenge was merely adding legal visibility to the lived experience on the soil of Italy.

It’s no secret that illegal African immigrants land in southern Italian cities every few months, often half dead from the stress of the trip. They usually flee because they are choosing to survive, but the chances of survival available in Italy are getting thinner.

Italy is a nation with a low birth rate that is overwhelmed by pensioners, so Italy attracts not only Africans but also labor from the poorer EU countries, such as Latvia, Estonia, Bulgaria, and Rumania. This underclass of refugees does a lot of Italy’s heavy and dirty work. They bear children without a big fuss or many demands. In return they get health care, a roof over their heads, a full plate and sometimes even regular legal papers.

They are a new class of young and dynamic people living in a system where the fix is in, and commonly in Italy, that fix is nailed down for centuries. In other words, foreigners are more or less welcome in Italy as second-class citizens. Italian people behave toward them accordingly.

Globalization has added new twists to older issues of racism, sexism and class discrimination. When an intelligent highly educated black woman became a government minister, public officials called her a orangutan, threw bananas at her, and demanded that she should go home (although she is married to an Italian and has two daughters). Her Wikipedia entry even had an orangutan added to the page.

These shamefull harassments go on and on. The perpetrators are entirely unembarrassed. Minister Kyenge, for her part, has a proverbial calm. She never responds to taunts, and just proceeds with her own reform agenda. In government, that’s commonly a good way to get results. But where are the Italians who are willing to defend her?

With Oprah Winfrey, it’s quite another matter. This famous American media mogul reacted in Switzerland to an Italian shop seller who refused to hand her a thirty-eight-thousand dollar handbag. All the world immediately sided with Oprah and her consumer interests. Even the Italians are keen to defend the interests of a rich foreign celebrity, as opposed to their own government minister.

When billionaires get defended from racist insults, it’s like a world carnival. The Swiss government apologized to Oprah, the owner of the purse shop had champagne with Oprah at Tina Turner’s latest wedding, and Oprah naturally used her full armament of conventional media to make a political tumult heard round the world.

Meanwhile the plight of Minister Kyenge is little-known: she’s certainly as black and female as Oprah Winfrey, but she’s in the wrong spot for any such sympathy. Her discrimination is deliberate and highly politicized, and it takes place in broad daylight, with full and responsible intentions of treating her as a female beast.

She’s not a rich tourist consumer like Oprah, but merely an Italian official, so Italian Facebook pages were calling for her to be raped, beaten and killed, and these demands came from Italian men and women using their full names, and some were in public positions. Some even cheerfully paid fines for the privilege of harassing Kyenge, while other insults went unpunished and new attacks follow by the day.

In some ways, it’s good to see these deeper issues of discrimination that once hid under skin color — because nowadays, wealth, fame and media power can get you handbags, while responsible politics merely gets you bananas. There’s always somebody touching the bottom while nobody knocks from underneath. Nowadays, the apotheosis of oppression isn’t a racial group. It’s a stateless group.

Quand Oprah Winfrey a dénoncé son incident raciste en Suisse récemment, j’ai mieux compris la situation d’une certaine ministre du gouvernement italien – Sra Cecile Kyenge, une citoyenne italienne originaire du Congo.

La ministre Kyenge a été nommée au gouvernement italien il y a quelques mois : c’est une femme, elle est noire et elle a été une immigrée clandestine. Une fois au pouvoir, Kyenge a immédiatement énoncé publiquement les ennuis évidents qui harcèlent la vie réelle d’immigrants italiens. « Nous tous, les immigrants, nous, qui vivons en assez grand nombre n’importe où on ne nous attendait pas, nous partageons tous des problèmes similaires : nous sommes invisibles pour les systèmes légaux et financiers locaux, nous pourrions utiliser l’aide à l’intégration, et il serait bon d’avoir une citoyenneté locale pour les enfants nés sur un sol étranger.

Quand ces choses ont été déclarées en Italie, l’enfer s’est immédiatement déclenché au Parlement, au gouvernement et dans les rues, spécialement dans l’aile droite xénophobe. Kyenge ajoutait simplement une visibilité légale à l’expérience vécue sur le sol d’Italie.

Ce n’est pas un secret que des immigrants illégaux africains débarquent dans des villes du sud de l’Italie, presque chaque mois, parfois à demi-morts par le stress du voyage. Ils ont habituellement fui parce qu’ils ont choisi de survivre, mais les chances de survie disponibles en Italie se rétrécissent.

L’Italie est une nation avec un faible taux de naissances submergée de pensionnés, et ainsi l’Italie n’attire pas seulement des Africains mais aussi des travailleurs des pays plus pauvres d’Europe comme la Lettonie, l’Estonie, la Bulgarie et la Roumanie. Cette sous-classe de réfugiés effectue une grande partie du travail lourd et sale d’Italie. Ils ont des enfants sans histoires ou peu de revendications. En échange ils reçoivent les soins de santé, un toit sur la tête, une assiette remplie et parfois même des papiers légaux réguliers.

C’est une nouvelle classe de gens jeunes et dynamiques vivant dans un système où la situation embarrassante est dans le vent, et d’habitude en Italie, cette situation embarrassante est fixée définitivement pour des siècles. En d’autres mots, les étrangers sont plus ou moins la bienvenue en Italie comme citoyens de seconde classe. Les Italiens se comportent envers eux en conséquence.

La globalisation a ajouté de nouvelles tensions à des problèmes plus anciens de racisme, de sexisme et de discrimination de classe. Quand une femme noire intelligente, très instruite est devenue un ministre du gouvernement, des autorités publiques l’ont appelée orang-outang, lui ont jeté des bananes, et ont réclamer qu’elle rentre chez elle (bien qu’elle soit mariée à un Italien et a deux filles). Son entrée sur Wikipedia avait aussi un orang-outang ajouté à la page.

Ces harcèlements honteux se produisent sans arrêt. Les auteurs ne sont pas embarrassés du tout. La ministre Kyenge, de son côté, a un calme proverbial. Elle ne réplique jamais à des railleries, et poursuit simplement son propre programme de réformes. Dans un gouvernement, c’est généralement un bon moyen pour obtenir des résultats. Mais où sont les Italiens désireux de la défendre ?

Avec Oprah Winfrey, c’est une toute autre affaire. Cette magnate célèbre des médias américains a réagi en Suisse contre un vendeur italien de magasin qui refusait de lui passer un sac à main de trente huit mille dollars. Le monde entier a immédiatement pris le parti d’Oprah et de son intérêt de consommatrice. Même les Italiens sont enthousiastes pour défendre les intérêts d’une riche célébrité étrangère, contrairement à leur propre ministre au gouvernement.

Quand des milliardaires sont défendus contre des insultes racistes, c’est comme un carnaval mondial. Le gouvernement suisse s’est excusé auprès d’Oprah, le propriétaire du magasin de sacs a pris du champagne avec Oprah au dernier mariage de Tina Turner, et Oprah a naturellement profité de toute sa force de frappe dans les médias conventionnels pour un tumulte politique entendu dans le monde.

Entretemps, on connaît peu la situation difficile de la ministre Kyenge : elle est certainement aussi noire et femme que Oprah Winfrey, mais elle est au mauvais endroit pour une telle sympathie. Sa discrimination est délibérée et fortement politisée, et se déroule en pleine lumière du jour, avec des intentions complètes et sérieuses de la traiter comme un animal femelle.

Elle n’est pas une touriste consommatrice riche comme Oprah, mais simplement une représentante italienne, donc des pages italiennes de Facebook appelaient à la violer, la battre, la tuer, et ces revendications venaient d’hommes italiens et de femmes utilisant leur propre nom, et certains étaient dans des positions publiques. Certains ont même payé de plein gré des amendes pour le privilège de harceler Kyenge, alors que d’autres insultes sont restées impunies et que de nouvelles attaques suivaient.

Dans une certaine mesure, il est bon de voir ces questions plus profondes de discrimination qui se cache parfois sous la couleur de peau – parce qu’aujourd’hui, la fortune, la célébrité et le pouvoir médiatique vous permettent d’obtenir des sacs à main, tandis qu’avec une politique responsable vous obtenez simplement des bananes. Il y a toujours quelqu’un qui touche le fond tandis que personne ne critique d’en dessous. Aujourd’hui l’apothéose de l’oppression n’est pas un groupe racial.

C’est un groupe apatride.

About jasminatesanovic

Jasmina Tešanović (Serbian: Јасмина Тешановић) (born March 7, 1954) is a feminist, political activist (Women in Black, Code Pink), translator, publisher and filmmaker. She was one of the organizers of the first Feminist conference in Eastern Europe "Drug-ca Zena" in 1978, in Belgrade. With Slavica Stojanovic, she ran the first feminist publishing house in the Balkans "Feminist 94" for 10 years. She is the author of Diary of a Political Idiot, a war diary written during the 1999 Kosovo War and widely distributed on the Internet. Ever since then she has been publishing all her work, diaries, stories and films on blogs and other Internet media.
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2 Responses to Oprah and Kyenge

  1. Pingback: Oprah and Kyenge | Zokster Something

  2. Comparing Oprah and Kyenge is like Oprah comparing Trayon Martin to Emmet Till

    http://www.theblaze.com/stories/2013/08/06/glenn-beck-calls-oprahs-trayvon-martin-comparison-a-slap-in-the-face-to-memory-of-emmett-till-in-heartbreaking-segment-comparing-the-cases/

    One is the real horror and persecution by racism and the other a mockery, a false show promoting notoriety and show business. This fake ‘racist 38,000 handbag incident’ shows Oprah’s true humanitarian feelings.

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