The White Book of Nuclear Deaths


The White Book of Nuclear Deaths
In English, en français

Recently a court in Italy awarded more than half a million euros in damages to the family of a young  soldier (Valery Melis) who died of cancer after serving his military duty in Kosovo, Serbia.

Even though the Italian military  knew that the Balkans were a high risk area due to depleted-uranium weaponry, they did not warn the soldiers in war and peace missions in that region.  The family of Melis managed to prove to the court’s satisfaction that the soldier got his  fatal cancer as a consequence of his war duties in contaminated zones, and that his military superiors should be held responsible.

“It is the first time that a Sardinian court recognizes the connection between the fine powders, the depleted uranium of the weapons and cancer,” said the lawyer of the soldier’s family.

This is clearly a signal legal victory for the civil rights of Italian soldiery.   However my question is: what about the rest of us?   What about those serving in various Balkan armies and militias, also obeying the orders of carefree superiors as uranium pelted the landscape?   What about the civilians trapped there by visa regime and sanctions?  What about the huge civilian population in Kosovo, Serbia, Iraq who were subjected to this invisible attack of weaponized nuclear waste?  The health effects of this mayhem have never been made clear or made public.

   We don’t even know how to discuss the matter. Nobody warned us, or felt responsible to do so, then or now. Should we all go to a Sardinian court with our traumas and sicknesses, and if so, which ones?

    Our civilization has the Hiroshima atomic bomb  history, we have open-air hydrogen-bomb tests, we had Three Mile Island, the Chernobyl accident in 1986 and today the Fukushima disasters, besides the hail of uranium weaponry in Iraq and Serbia in the nineties. Who is in charge of the consequences? One wonders if skeptics about uranium toxicity would like some uranium siftings in their own homes, their own courthouses.  If it’s not a problem, would they volunteer to store some nuclear waste in their party headquarters?

Today marks 7 years since my friend Nuha al Radi, an Iraqi artist and writer ( “Baghdad Diaries”) died in Beirut in exile.  She perished after a long struggle with leukemia which  she got after one of the numerous Gulf Wars. The soldiers of that struggle have also suffered obscure yet sometimes lethal illnesses: this phenomenon/ sickness   has a name: the Gulf War Syndrome.

After the bombing of Kosovo Serbia in 1999 we witnessed the same story.  Generally it was called “post-traumatic stress,” but it was lethal.  It was never fully explained by the science, never admitted by the NATO bombers, never fully recognized by the humanitarians but it still happened. My mother died just after the bombings. We could hardly bury her because of the crowds of young and old people dying of some nameless something-or-other.

      Some didn’t die: they just got cancers and fought them with therapies that were out of reach in countries dying under sanctions. Nuha  had a rare case of leukemia which could only be treated in the USA: and as a dissident of Saddam and US at the same time, she was kicked out of her home country Iraq, and also had problems getting visa for US where she was  also considered the public enemy.

     In those years we wrote an internet correspondence; Baghdad/Belgrade diaries: The Globalization of Evil(https://jasminatesanovic.wordpress.com/the-globalization-of-evil/).  We were both English-speaking fake Brits publishing in Granta, children of diplomats and veterans of British schools, jet setters and gypsies,  without a fatherland, without a mother language. Our book describes the globalization of Balkanization. We speak of daily damage to the normal life of citizens in countries in war, isolated from outside world community by sanctions and repressed within by local dictators.

We who have survived should bear witness.  Not every killer in war has a name and a face and there is a half-life of evil that persists when the headlines stop. Nuha was active in calling attention to the long consequences of the military intervention. She lost her life to illness and her nation has never recovered.

    The anniversary of her sad and obscure death reminds one of the hopeless inadequacy of Japan’s establishment and their obfuscation of the Fukushima disaster. Nuclear tragedies in war or peace can no longer be treated as top secrets.  Radiation has no borders and no masters, and the flecks of dust float wherever the winds blow. There are no winners and no masters of this ferocious technology.  Just the “white book”.

Le livre blanc des morts nucléaires

Récemment, un tribunal en Italie a ac co rdé plus d’un demi million d’euros en dommages et intérêts à la famille d’un jeune soldat (Valery Melis) mort de cancer après son service militaire au Kosovo, Serbie.

Bien que l’armée italienne savait que les Balkans était une zone à haut risque à cause d’armements à l’uranium appauvri, elle n’a pas mis en garde des soldats dans des missions de guerre et de paix dans cette région. La famille de Melis a réussi à prouver à la satisfaction du tribunal que le soldat avait eu son cancer fatal co mme une co nséquence de ses obligations de guerre dans des zones co ntaminées, et que ses supérieurs militaires devaient être tenus pour responsables.
« C’est la première fois qu’un tribunal de Sardaigne re co nnaît la co nnexion entre les fines poudres, l’uranium appauvri des armes et le cancer, » a dit l’avocat de la famille de la victime.

C’est clairement un signal de victoire légale pour les droits civils de soldats italiens. Cependant ma question est : qu’en est-il du reste de nous ? Qu’en est-il de ceux qui servant dans les différentes armées et milices balkaniques, obéissaient aussi aux ordres de supérieurs insouciants alors que l’uranium bombardait le paysage ? Qu’en est-il des civils piégés là par un régime de visa et de sanctions ? Qu’en est-il de l’importante population civile du Kosovo, de Serbie, de l’Irak qui ont été soumis à cette attaque invisible de déchets nucléaires servant d’armes ? Les effets sur la santé de cette destruction n’ont jamais été éclaircis ou rendus public.

On ne sait même pas co mment discuter la question. Personne ne nous a prévenu, ou s’est senti responsable d’agir ainsi, alors ou maintenant. Devrions-nous tous aller au tribunal de Sardaigne avec nos traumatismes et maladies, et dans ce cas dans lesquels ?

Notre civilisation a l’histoire de la bombe atomique de Hiroshima, nous avons les tests de bombes à hydrogène en plein air, on a eu Three Mile Island, l’accident de Chernobyl en 1986 et aujourd’hui les désastres de Fukushima, à côté de la pluie d’armements à l’uranium en Irak et en Serbie dans les années 1990. Qui est chargé des co nséquences ? On se demande si des sceptiques de la toxicité de l’uranium aimeraient un saupoudrage d’uranium dans leur propre maison, leurs propres tribunaux. S’il n’y a pas de problèmes, certains voudraient-ils se porter volontaires pour stocker un peu de déchets nucléaires dans les quartiers généraux de leurs partis ?

Aujourd’hui, il y a exactement sept ans que mon amie Nuha al Radi, une artiste et une écrivaine irakienne ( “Baghdad Diaries”) est morte en exil à Beyrouth. Elle est morte après une longue lutte co ntre la leucémie qu’elle a co ntracté après une des nombreuses guerres du Golfe. Les soldats de cette lutte ont aussi souffert de maladies obscures, parfois mortelles : ce phénomène/maladie a un nom : le Syndrome de la guerre du Golfe.

Après le bombardement du Kosovo, Serbie en 1999 on a été témoin de la même histoire. C’était généralement appelé « Stress post-traumatique » mais c’était mortel. Cela n’a jamais été co mplètement expliqué par la science, jamais admis par les bombardiers de l’OTAN, jamais pleinement re co nnu par les humanitaires, mais c’est pourtant arrivé. Ma mère est morte juste après les bombardements. Nous avons eu du mal à l’enterrer à cause de la foule de jeunes et de vieux mourant de quelque chose sans nom – ou – autre chose.

Certains ne sont pas morts : ils ont simplement attrapé le cancer qu’ils ont co mbattu avec des thérapies qui étaient inaccessibles dans les pays mourant sous sanctions. Nuha avec un cas rare de leucémie qui ne pouvait être soigné qu’aux USA : et co mme dissidente de Saddam et des US en même temps, a été expulsée de son pays d’origine, l’Irak, et a aussi eu des problèmes pour obtenir un visa pour les US où elle était aussi co nsidérée co mme une ennemie publique.

Pendant ces années, nous avons eu une co rrespondance Internet ; Baghdad/Belgrade diaries : La Globalisation du mal (https://jasminatesanovic.wordpress.com/the-globalization-of-evil/). Nous étions toutes les deux Anglaises- parlant un anglais factice publiant dans Granta, enfants de diplomates et anciennes d’é co les anglaises, membres de la jet-set et des bohémiennes, sans patrie, sans une langue maternelle. Notre livre décrit la globalisation de la Balkanisation. Nous parlons des dommages quotidiens sur la vie normale des citoyens dans des pays en guerre, isolés de la co mmunauté du monde extérieur par des sanctions et réprimés à l’intérieur par des dictateurs locaux.

Nous qui avons survécu devrions porter témoignage. Chaque tueur dans une guerre n’a pas un nom et un visage et il y a une demie vie du mal qui persiste quand s’arrêtent les grands titres. Nuha était active en appelant l’attention sur les longues co nséquences de l’intervention militaire. Elle a perdu la vie par maladie et sa nation n’a jamais récupéré.

L’anniversaire de sa mort triste et obscure rappelle l’inadéquation sans espoir de l’establishment japonais et leurs faux-fuyants co ncernant le désastre de Fujushima. Les tragédies nucléaires durant la guerre ou durant la paix ne peuvent plus être traitées de top secrets. Les radiations n’ont pas frontières ni de maîtres, et les particules de poussière flottent là où souffle le vent. Il n’y a pas de vainqueurs ni de maîtres de cette technologie féroce.
Rien qu’un « livre blanc ».

About jasminatesanovic

Jasmina Tešanović (Serbian: Јасмина Тешановић) (born March 7, 1954) is a feminist, political activist (Women in Black, Code Pink), translator, publisher and filmmaker. She was one of the organizers of the first Feminist conference in Eastern Europe "Drug-ca Zena" in 1978, in Belgrade. With Slavica Stojanovic, she ran the first feminist publishing house in the Balkans "Feminist 94" for 10 years. She is the author of Diary of a Political Idiot, a war diary written during the 1999 Kosovo War and widely distributed on the Internet. Ever since then she has been publishing all her work, diaries, stories and films on blogs and other Internet media.
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One Response to The White Book of Nuclear Deaths

  1. gilatoo says:

    Why can’t I post this on my FB site without giving WordPress access to all my FB info?

    So I’m left with saying just here – another incisive, moving and important article by Jasmina Tesanovic.

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