Branding Serbia

In English, en francais
When my American friend came to Belgrade in January 2006 for the first time, he spotted numerous gang graffiti tags on the walls of the big dirty and beautiful capital. He was as keen to photograph them as he was the bridges, river scenes and bomb craters. As a veteran of American cities, he told us that gang-tags mattered.

We Belgrade insiders didn’t take him seriously: we told him, there are worse things going on in Serbia than youthful street toughs: war crimes, corruption, poverty…

Today, five years later, we can see why Belgrade’s hooligans mattered. Last night, in Genoa Italy, gangs cancelled the soccer game between Serbia and Italy, by rioting burning and beating people. They had just wreaked similar havoc in Belgrade, using the excuse of the Gay Pride Parade to attack the local police and political parties. Now that they have Schengen visas, Europe has become their gang-turf, too.

Only today, the Serbian Supreme Court is discussing urgently the need to prohibit fourteen soccer-fan ultra groups. Their names have been written on the walls of Belgrade for years now: the Belgrade Boys, North Army, Ultras… These loose groups of young bruisers, like similar fans everywhere, mostly beat up each other — but they were always the youth wing of the paramilitary, even since the days when Arkan owned the Red Star. They were always the eager foot-troops of the Serbian shadow establishment: for organized crime and demagogic politics. Today they proudly stand for homophobia, Serbian superiority, hatred against the other, and violence against the losers.

They make the ideal target for political manipulation: with some kind of luck, respect, a little money or promises of power, these Belgrade boys, soccer hooligans or just teens from the depressed provinces are ready to give their lives for fifteen minutes of glory. Often they do. Two years ago one of them accidentally burned himself to death inside the American Embassy.

There is one great distinction, though. Unique among Europe’s soccer hooligans, these Serbian groups in Genoa attacked the Serbian soccer team first. No Serbians sports team will ever be tough enough or nationalistic enough for “fans” who are right-wing culture warriors. These gangs will hold up a three-finger sign while beating up their own sports heroes. They have such a privileged position in Serbia that they even have the astonishing luxury of publicly beating up Serbia’s police, by the dozen, in the streets of the nation’s capital city. Mere teens can never beat up trained police with impunity. The Gay Power Parade and its ugly backlash were a kind of civil-rights tournament in which the police were chosen to bleed.

Naturally, this second act of intimidation in Genoa was timed to coincide with the appearance of Hillary Clinton in Belgrade and the Deciison of Holland whether to approve of Serbia joining EU. These disturbances are not unruly eruptions of popular sentiment. They are pageantry, just like spray-painted gang-tags: huge, gaudy, obvious to anybody, and deliberately overlooked by people who don’t think they ought to care. Serbia’s covert establishment is still carrying on its same long struggle, just by modern means. It’s about flares, bolt-cutters and television now, when it used to be about jeeps, mortars and television. But it’s always been about television; since Milosevic no longer controls a captive screen, the Radicals have to grab screen-time from alarmed and puzzled Italians.

You can bet that Europe’s police, long inured to British soccer hooligans, will be all over these new Serbian marauders. Most of them are already known to the serbian police. The violent British fans also have a nationalist and fascist tinge, but their major difference is that the British want the British to win. Serbian soccer hooligans, by complete contrast, are keen to attack Serb athletes and damage the Serbian state. They’re in the business of remaining outlaws and outcasts, as they’ve been for a long generation. Every damage to Serbian prestige in sports suits the interests of their sponsors in the monopolies, drugs, arms, and human-trafficking rackets. It’s not about winning; it’s all about staying underground. And it’s not only about a loathing for gays; it’s all about covert power. The old negative branding of Serbia advances in parallel with the new positive one.

United Europe and the United States want to soothe the trouble-making small nation in the midst of Europe, by offering them carrots after the sticks of cruise missiles. But history is made on the streets, not just in the chambers of diplomacy. History is written by the winners, and the winners often cannot write. But they all have cellphones now. As well as big flat-screen televisions.

We are witnessing today a globalization of Balkanization. A new language and new method of violence runs beyond the older ideas which once inspired them. A soccer field was always a place of competition and strong national feelings. With television, it’s a giant billboard for culture-war.

Quand mon ami américain est venu pour la première fois à Belgrade en janvier 2006, il a remarqué les nombreux graffitis de slogans de bandes sur les murs de la grande ville, sale et belle. Il était aussi désireux de les photographier qu’il l’était des ponts, des scènes de rivières et des cratères de bombe. Comme habitués des villes américaines, il nous racontait que les graffitis de gang importaient.
Nous, habitantes de Belgrade, ne le prenions pas au sérieux : nous luis disions qu’il y avait des choses plus graves qui se passaient en Serbie que des jeunes de rue endurcis: des crimes de guerre, la corruption, la pauvreté.

Aujourd’hui, cinq ans plus tard, on peut voir pourquoi les hooligans de Belgrade importaient. La nuit dernière, à Gênes, en Italie, des gangs annulèrent un match de football entre la Serbie et l’Italie, en se rebellant, en mettant le feu et en battant des gens. Ils venaient juste de commettre des dégâts similaires à Belgrade, employant comme excuse la Gay Pride Parade pour attaquer la police locale et les partis politiques. Maintenant qu’ils ont les visas Schengen, l’Europe est devenue leur territoire de bande aussi.

Ce n’est qu’aujourd’hui que la Cour suprême serbe discute en urgence de la nécessité d’interdire 14 groupes de supporters de football ultras. Leurs noms ont été écrits sur les murs de Belgrade depuis des années maintenant : les Mecs de Belgrade, Armée du Nord, Ultra…Ces groupes flottants de jeunes cogneurs, comme d’autres supporters similaires partout, se battent généralement entre eux – mais ils étaient toujours l’aile jeune des paramilitaires, même depuis le jour où le Red Star a appartenu à Arkan. Ils étaient toujours la piétaille empressée de l’establishment serbe de l’ombre : pour le crime organisé et des politiques démagogiques. Aujourd’hui ils défendent fièrement l’homophobie, la supériorité serbe, la haine de l’autre et la violence contre les perdants.

Ils constituent la cible idéale pour la manipulation politique : avec un peu de chance, de respect, un peu d’argent ou des promesses de pouvoir, ces Mecs de Belgrade, ces hooligans du football ou simplement des adolescents de provinces déprimées sont prêts à donner leur vie pour 15 minutes de gloire. Souvent, ils le font. Il y a deux ans, l’un d’entre eux s’est brûlé à mort accidentellement à l’intérieur de l’ambassade américaine.

Il y a cependant une grande distinction. Unique parmi les supporters de football européens, ces groupes serbes à Gênes ont attaqué d’abord l’équipe de football serbe. Aucune équipe sportive serbe ne sera suffisamment coriace ou nationaliste pour des « supporters » qui sont descombattants de la culture de droite. Ces gangs élèveront un signe à trois doigts tout en rossant leurs propres héros du sport. Ils ont en Serbie une position si privilégiée qu’ils disposent même du luxe étonnant de battre publiquement la police serbe, à la douzaine, dans les rues de la capitale du pays. De simples adolescents ne peuvent jamais battre une police entraînée sans impunité. La Parade du Pouvoir Gay et ses affreux retours ont été une sorte de tournoi de droits civils dans lequel la police avait été choisie pour encaisser.

Ce second acte d’intimidation à Gênes avait naturellement été programmé pour coïncider avec l’apparition de Hillary Clinton à Belgrade et la décision de la Hollande d’approuver l’adhésion de la Serbie à l’UE. Ces troubles ne sont pas des éruptions incontrôlées de sentiment populaire. C’est de l’apparat tout comme les slogans des gangs peints au spray, énormes, tapageurs, évidents pour tout le monde et délibérément négligés par des gens qu ne pensent pas qu’ils devraient s’en soucier. L’establishment sousterrain de Serbie continue encore toujours son même long combat, mais simplement par des moyens modernes. Il s’agit maintenant de prises de bec, de coupe-boulons et de télévision, alors qu’avant, il s’agissait de jeeps, de mortiers et de télévision. Mais il s’est toujours agi de télévision ; depuis que Milosevic ne contrôle plus un écran captif, les Radicaux doivent s’emparer du temps d’écran d’Italiens effarouchés et perplexes.

On peut parier que la police d’Europe habituée depuis longtemps aux hooligans du football britanniques, s’occuperont de ces nouveaux maraudeurs serbes. En grande partie, ils sont déjà connus de la police serbe. Les supporters britanniques ont aussi un petit caractère nationaliste et fasciste, mais la différence fondamentale est que les Britanniques veulent que les Britanniques gagnent. Contraste complet, les supporters de football serbes recherchent à attaquer les athlètes serbes et à faire du tort à l’état serbe. Ils sont dans le projet de rester des hors-la-loi et des pariascomme ils l’ont été pendant une longue génération. Tout dommage au prestige serbe dans les sports convient aux intérêts de leurs sponsors dans les monopoles, drogues, armes et les rackets de trafic humain. Ce n’est pas une question de gagner, mais de rester clandestins. Ce n’est pas seulement une répugnance pour les gays, tout est une question de pouvoir tout-terrain. La vieille stigmatisation de la Serbie avance en parallèle avec la nouvelle position positive.

L’Union européenne et les Etats-Unis veulent apaiser le petit pays créateur de troubles au milieu de l’Europe en lui offrant des carottes après les frappes de missiles de croisière. Mais l’histoire se fait dans les rues, pas seulement dans les chambres de la diplomatie. L’histoire est écrite par les vainqueurs et souvent, les vainqueurs ne savent pas écrire. Mais ils ont tous maintenant des téléphones cellulaires. Ainsi que des télévision à grand écran.

On assiste aujourd’hui à une globalisation de la balkanisation. Un nouveau langage et de nouvelles méthodes de violence nous traversent au-delà des idées plus anciennes qui autrefois nous inspiraient. Un terrain de football a toujours été un endroit de compétition et de sentiments nationaux profonds. Avec la télévision, c’est un panneau d’affichage géant pour une culture de guerre.

About jasminatesanovic

Jasmina Tešanović (Serbian: Јасмина Тешановић) (born March 7, 1954) is a feminist, political activist (Women in Black, Code Pink), translator, publisher and filmmaker. She was one of the organizers of the first Feminist conference in Eastern Europe "Drug-ca Zena" in 1978, in Belgrade. With Slavica Stojanovic, she ran the first feminist publishing house in the Balkans "Feminist 94" for 10 years. She is the author of Diary of a Political Idiot, a war diary written during the 1999 Kosovo War and widely distributed on the Internet. Ever since then she has been publishing all her work, diaries, stories and films on blogs and other Internet media.
This entry was posted in Uncategorized. Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s